
Les rédacteurs du site Internet du Nouvel Obs feraient bien de se plonger un peu dans "L'Eloge de la lenteur", de Carl Honoré. Histoire de commettre un peu moins de fautes dues à la précipitation.
Mercredi 13 février, ils annonçaient en Une de leur page, la mort de... Salvador Dali. Alors certes Henri aussi était un "Sauveur", mais lui c'était la musique, et l'autre la peinture. Face à cette bourde, les commentaires ont fusé. Interloqué, l'internaute: "Dali ça fait déjà un moment...", "Vous titrez la mort de Salvador Dali ? Pas sûr qu'Henri aurait apprécié la blague...", "Je ne savais pas que Dali nous avait quitté pour une deuxième fois...".

Blague à part, l'Obs ayant finalement replacé chacun dans son cercueil, ce genre de bourde est symptomatique de la presse sur le Net. C'est d'abord la course contre la montre, la réactivité paroxystique qui dicte l'édition d'un journal numérique. "En temps réel" affiche l'Obs sur la toile. Il ne faudrait pas non plus oublier les "faits réels".
La logique du Net différe pas mal de celle de la presse écrite. L'un et l'autre l'ont bien fait comprendre dans l'histoire du SMS de Sarkozy. Un reporter du magazine, Airy Routier, livre une confidence sur le site nouvelobs.com concernant la vie privée du Président. Le tourbillon médiatico-politique s'emballe, Nicolas Sarkozy saisit la justice, les directeurs du journal s'expliquent, etc.
Et là apparaît la controverse : c'est "une erreur" d'avoir publié cette info, déclare le cofondateur du titre, Jean Daniel. Il l'écrit dans son édito, et explique que sur papier glacé, l'histoire du SMS, n'aurait pas eu droit de cité. Selon lui, "La "dérive", c’est l’affirmation sur notre site internet – et non dans l’hebdomadaire - de notre journaliste...". Internet, dérive du journalisme ?